Vin italien : du Piémont à la Sicile
272 bouteilles, à partir de 8,60 €Aucun autre pays n'aligne autant de cépages autochtones, ni autant d'appellations qui ne ressemblent qu'à elles-mêmes. C'est aussi, de loin, le vignoble le mieux représenté chez nous.
Un nebbiolo des Langhe, un sangiovese de Montalcino et un nerello des pentes de l'Etna ne se ressemblent en rien, bien qu'ils soient tous rouges et tous italiens. Le tableau des régions dit ce qu'on boit où, et ce que ça donne dans le verre.
Bertani - Valpolicella Valpantena 2023
Bertani - Valpolicella Ripasso 2022
Bertani - Soave Classico Sereole 2023
Bertani - Soave Classico Original Vintage 2022
Bertani - Amarone Valpantena 2021
Bertani - Amarone Classico 2015
L’intensité d’un grand vin, héritier d’une tradition séculaire.
Par où commencer
Chacune mène directement à sa sélection.
Le nebbiolo des Langhe
Barolo, Barbaresco, Roero et Langhe. Le cépage le plus exigeant du pays, et le mieux fourni de notre cave.
Les grands rouges de gardeLe sangiovese toscan
Chianti, Brunello di Montalcino, Nobile di Montepulciano. Cerise acidulée et tanins fermes, taillés pour la table.
ToscaneLes vins de l'Etna
Sur un volcan actif, à sept cents mètres, le nerello donne des rouges clairs et minéraux qu'on prend souvent pour des bourgognes.
SicileLes rouges du talon
Primitivo di Manduria et Salice Salentino : fruit noir confit, tanins fondus, degré généreux. Le meilleur rapport plaisir-prix du pays.
PouillesLes bulles de Vénétie
Prosecco de Valdobbiadene et d'Asolo, en cuve close. Fruit direct, bulle légère, prêtes à servir sans réflexion.
ProseccoRester sous 20 €
Le rayon commence à 8,60 €. C'est dans le Sud, en Sicile et dans les Pouilles, que l'écart entre le prix et le plaisir est le plus large.
Un quart du rayon
Six régions, six façons de faire du rouge
Une étiquette italienne annonce une appellation, jamais un cépage. Savoir ce qu'on plante où est donc la seule manière de deviner ce qu'il y a dans la bouteille.
| Région | Appellations dans la cave | Cépage roi | Ce que ça donne dans le verre |
|---|---|---|---|
| PiémontNord-ouest, au pied des Alpes | Barolo, Barbaresco, Langhe, Roero, Gavi, Barbera d'Alba, Moscato d'Asti | Nebbiolo | Des tanins massifs sous une robe pâle, un parfum de rose et de goudron. Ce sont des vins qui demandent de la garde et qui la récompensent. |
| Vénétie Nord-est, autour de Vérone | Amarone, Valpolicella, Ripasso, Recioto, Soave, Prosecco | Corvina | L'écart de puissance le plus large du pays : du prosecco à onze degrés à l'Amarone de raisins passerillés qui en titre seize. |
| ToscaneCentre, collines de Sienne et de Florence | Chianti, Brunello di Montalcino, Nobile di Montepulciano, Bolgheri | Sangiovese | Cerise acidulée, tanins fermes, une acidité qui appelle le repas. C'est le vin de table italien par excellence, et il vieillit très bien. |
| SicileL'île, et les pentes de l'Etna | Etna Rosso, Etna Bianco, Nero d'Avola | Nerello mascalese | L'altitude et la cendre volcanique donnent des rouges clairs, tendus et fumés, que beaucoup confondent à l'aveugle avec des bourgognes. |
| PouillesLe talon de la botte | Primitivo di Manduria, Salice Salentino, Negroamaro | Primitivo | Fruit noir confit, tanins fondus, degré élevé et prix bas. C'est là que le rapport entre ce qu'on paie et ce qu'on boit est le plus favorable. |
| Campanie et Basilicate Sud continental, sols volcaniques | Taurasi, Aglianico del Vulture | Aglianico | Le versant austère du Sud : tanin serré, note fumée, acidité vive malgré la chaleur. On l'appelle parfois le nebbiolo du Sud. |
Le Piémont et la Vénétie pèsent le plus lourd chez nous, c'est un choix assumé plutôt qu'une couverture du pays entier.
Quelle bouteille pour quelle table
La cuisine italienne est acide et salée avant d'être riche. C'est ce qui explique que ses vins soient si nerveux : ils ont été faits pour elle.
| Le plat | Ce qu'il faut en face | Appellations | Pourquoi ça marche |
|---|---|---|---|
| Pizza, tomate et mozzarella | Un rouge vif, peu boisé | Chianti, Valpolicella | L'acidité de la tomate écrase les vins mous. Il faut un vin au moins aussi acide qu'elle pour tenir debout. |
| Lasagnes, ragù, viandes mijotées | Un rouge charnu et structuré | Primitivo, Nobile di Montepulciano | Une sauce longuement mijotée a du gras et du sucre : elle demande de la matière en face, pas de la finesse. |
| Truffe, gibier, viande rouge | Un grand rouge de garde | Barolo, Barbaresco, Taurasi | Le nebbiolo et la truffe blanche viennent du même coin du Piémont, et l'accord a été construit sur place, pendant des siècles. |
| Risotto, poisson grillé | Un blanc sec et tendu | Soave, Gavi, Etna Bianco | Le gras du beurre et du parmesan a besoin d'acidité pour ne pas saturer le palais dès la troisième bouchée. |
| Charcuterie, antipasti | Un rouge léger ou une bulle | Dolcetto, Barbera, Prosecco | Le sel et le gras demandent de la fraîcheur. Un vin puissant ferait de l'ombre à des bouchées qui sont déjà très savoureuses. |
| Parmesan vieux, pecorino | Un rouge concentré, ou un vin de raisins passerillés | Amarone, Recioto | Un fromage très affiné casse les vins moyens. L'Amarone a la concentration et le fruit confit qu'il faut pour lui tenir tête. |
| Panna cotta, tarte aux fruits | Un doux peu alcoolisé | Moscato d'Asti, Brachetto d'Acqui | Sept degrés d'alcool et un sucre naturel : le dessert reste le sujet, le vin l'accompagne sans l'assommer. |
Les accords de chaque bouteille figurent sur sa fiche, et le filtre par plat les reprend dans la grille.
On a mis l'argent dans le nebbiolo, et ça se voit
Sur nos vins italiens, près d'un sur six est un nebbiolo. Ce déséquilibre est voulu : c'est le cépage qui nous intéresse le plus, celui dont un écart de deux cents mètres d'altitude ou de deux ans de garde change tout, et celui où nous connaissons le mieux les vignerons.
La même logique explique la place de la Vénétie, avec Quintarelli en Valpolicella, et celle de la Sicile depuis que l'Etna est redevenu un terroir sérieux. Ailleurs, nous sommes plus légers, et nous préférons l'assumer que de meubler avec des références de volume.
Lire une étiquette italienne
DOCG est le niveau le plus contraignant, DOC vient ensuite. IGT est plus libre, et couvre aussi bien du vin quelconque que les meilleurs vins de Toscane.
Riserva impose un vieillissement plus long que l'appellation de base, souvent un ou deux ans de plus.
Classico désigne le cœur historique d'une zone, la partie délimitée avant les élargissements successifs.
L'équipe du Baroudeur du Vin
Ce qu'on nous demande sur les vins transalpins
Quels sont les grands vins italiens ?
Quatre noms font consensus : le Barolo et le Barbaresco au Piémont, tous deux en nebbiolo, le Brunello di Montalcino en Toscane, et l'Amarone della Valpolicella en Vénétie. Ce sont les appellations où l'Italie joue au niveau des plus grands vins du monde, et où les prix le reflètent.
Barolo ou Barbaresco, quelle différence ?
Le même cépage, le nebbiolo, sur deux communes voisines des Langhe. Le Barbaresco pousse plus près du fleuve, mûrit plus tôt et vieillit deux ans avant d'être vendu ; il est plus souple et s'ouvre plus vite. Le Barolo attend trois ans, sur des sols plus variés, et donne des vins plus massifs qui demandent souvent une décennie.
Qu'est-ce qu'un Amarone ?
Un rouge de Vénétie fait avec des raisins passerillés : les grappes sèchent trois à quatre mois sur des claies avant d'être pressées. L'eau s'évapore, le sucre se concentre, et le vin fini titre souvent quinze à seize degrés. Il en sort un vin très riche, aux notes de cerise confite et de cacao, qui se boit plutôt en fin de repas qu'à table.
Chianti et Brunello, quelle différence ?
Les deux viennent de Toscane et reposent sur le sangiovese. Le Chianti peut l'assembler avec d'autres cépages et se boit jeune. Le Brunello di Montalcino n'admet que du sangiovese pur, vieillit cinq ans avant sa sortie et coûte trois à cinq fois plus cher.
Quel vin italien servir avec une pizza ou des pâtes à la tomate ?
Un rouge vif et peu boisé : Chianti, Valpolicella ou Barbera. La tomate est très acide et fait paraître mou tout vin qui l'est moins qu'elle. C'est aussi pour cette raison qu'un grand Barolo se marie mal avec une pizza : il est trop tannique pour un plat qui demande surtout de la fraîcheur.
Quel budget pour un bon vin italien ?
Le rayon commence à 8,60 € et la moitié des bouteilles reste sous trente-cinq euros. Entre 15 et 25 €, la Sicile et les Pouilles offrent le meilleur rapport au plaisir. Au-delà de soixante euros, on entre dans les Barolo, Barbaresco et Brunello de domaines réputés, jusqu'à plus de mille euros pour les Amarone de Quintarelli.
Que valent les vins de l'Etna ?
Ce sont parmi les rouges les plus intéressants du pays aujourd'hui. Les vignes poussent entre quatre cents et mille mètres sur de la cendre volcanique, souvent en franc de pied, et le nerello mascalese y donne des vins pâles, tendus et fumés. Beaucoup de dégustateurs les confondent à l'aveugle avec des bourgognes.
Existe-t-il de bons vins blancs italiens ?
Oui, et ils sont largement sous-estimés. Le Soave de Vénétie, en garganega, vieillit remarquablement bien ; le Gavi piémontais, en cortese, est un blanc de fruits de mer ; l'Etna Bianco, en carricante, joue sur la tension minérale. Notre rayon en compte une cinquantaine, soit un cinquième de l'offre italienne.
Quels vins italiens se gardent le mieux ?
Le Barolo et le Barbaresco d'abord, qui demandent souvent dix ans avant de s'ouvrir et tiennent trente. Le Brunello di Montalcino et l'Amarone suivent, sur quinze à vingt ans. À l'inverse, un Prosecco, un Moscato d'Asti ou un Valpolicella simple se boivent dans les deux ans : leur intérêt est le fruit, et il s'efface.
Que veulent dire DOCG, DOC et IGT ?
Ce sont les niveaux d'appellation. DOCG est le plus contraignant, DOC vient juste après, et IGT laisse le plus de liberté au vigneron. Attention au raccourci : certains des vins les plus chers de Toscane sont classés en simple IGT, parce que leurs producteurs ont voulu utiliser des cépages que l'appellation interdisait.






